Maryse Saint-Pierre Cyprien, l'art de continuer
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Maryse Saint-Pierre Cyprien,
l'art de continuer

Il existe des femmes dont la présence apaise avant même que l'on découvre leur histoire.
Maryse Saint-Pierre Cyprien est de celles-là.
Elle appartient à cette génération de femmes dont les trajectoires personnelles et professionnelles témoignent d'une même conviction : les épreuves peuvent infléchir un destin, mais elles ne sauraient en déterminer l'horizon. De son pays natal aux arènes du multilatéralisme, en passant par l'université et la recherche, elle a progressivement inscrit son parcours dans une réflexion plus large sur la connaissance, la solidarité et la coopération entre les pays du Sud.
À première vue, on remarque la diplomate. La chercheuse. L'autrice. L'enseignante. Une femme qui représente aujourd'hui Haïti auprès de l'UNESCO et qui consacre son travail à l'éducation, à la culture et à la coopération internationale.
Puis, peu à peu, son parcours se dévoile.
Et l'on comprend que derrière cette trajectoire d'excellence se cache une histoire de courage discret, de fidélité à ses convictions et d'une remarquable capacité à continuer d'avancer.
Son histoire ne raconte pas seulement une réussite professionnelle. Elle rappelle qu'une vie peut être profondément éprouvée sans jamais renoncer à sa vocation de servir, de transmettre et de croire en l'avenir.
Repères
- Ministre-Conseiller à la Délégation permanente d'Haïti auprès de l'UNESCO
- Docteure, conférencière et enseignante-chercheure
- Autrice de « Hugo Chavez et Petro Caribe : le pétrole, arme d'État et de coopération Sud-Sud » et « Le Drame du Venezuela : Petro Caribe 20 ans après (2005-2025) »
Une ambition nourrie par le savoir
Née en Haïti, Maryse Saint-Pierre Cyprien a connu très tôt les réalités d'un environnement marqué par des difficultés économiques et sociales importantes. Elle grandit pourtant avec la conviction que la connaissance ouvre des horizons et rapproche les peuples.

Ses études, poursuivies entre Haïti et la France, lui offrent un regard singulier sur le monde. D'un côté, l'expérience concrète d'un pays dont elle connaît les réalités, les défis mais aussi les richesses. De l'autre, une formation qui lui donne les outils pour comprendre les grands équilibres internationaux et les mécanismes de la diplomatie.
Très tôt, elle choisit de mettre cette double culture au service de l'intérêt général. Cette alliance entre enracinement et ouverture deviendra l'une des signatures de son parcours.
Quand l'épreuve révèle une force intérieure
Le 12 janvier 2010, Haïti est frappée par l'une des plus grandes catastrophes de son histoire contemporaine.
Comme tant d'autres, Maryse Saint-Pierre Cyprien voit sa vie bouleversée.
Gravement blessée lors du séisme, elle y perd un membre.
Ainsi commence pour elle une longue période de reconstruction. Dans un pays où chacun tente déjà de se relever, elle entreprend, elle aussi, un patient chemin vers un nouvel équilibre.
Cette épreuve aurait pu modifier profondément le cours de sa vie. Elle devient, en revanche, l'un des moments à partir desquels se construit une nouvelle étape de son parcours.
Maryse Saint-Pierre Cyprien aime le rappeler dans une formule qui résume sa philosophie personnelle :
« Nos épreuves ne définissent pas notre avenir ; au contraire, elles permettent de forger notre caractère. »
— Maryse Saint-Pierre CyprienCes mots prennent une résonance particulière lorsqu'ils sont rapportés à son histoire. Ils ne relèvent pas d'une posture. Ils traduisent une expérience et une conception de la vie fondée sur la persévérance, la responsabilité et la capacité à se projeter au-delà des circonstances immédiates.
Face à cette épreuve, elle choisit une autre voie.
Pas celle de l'effacement.
Celle de la continuité.
Sans jamais chercher à faire de cette blessure le centre de son identité, elle poursuit son engagement avec la même exigence, la même discrétion et la même volonté de servir.
Le Journal Le Nouvelliste résumera plus tard cette trajectoire en une formule devenue emblématique :
« Même après avoir perdu sa jambe gauche dans le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Maryse Saint-Pierre Cyprien n'a jamais cessé d'avancer. »
— Le Nouvelliste
Au-delà des mots, cette phrase dit surtout une manière d'habiter la vie : avancer sans nier les épreuves, mais sans leur laisser le dernier mot.
Le savoir comme espace d'émancipation
Avant de porter la voix d'Haïti sur la scène internationale, Maryse Saint-Pierre Cyprien agit au plus près des réalités de son pays et devient fonctionnaire au service de l'État.
Elle contribue à des projets consacrés à l'alphabétisation des adultes, à la gestion de fonds de partenariat dans le domaine éducatif ainsi qu'à des projets destinés à favoriser l'insertion des jeunes les plus défavorisés.
Elle collabore avec plusieurs partenaires internationaux, notamment l'UNESCO, l'AECID, le FENU (UNCDF) et la coopération cubaine.
Ces expériences de terrain façonnent durablement sa vision.
Parce que l'alphabétisation tout au long de la vie n'est jamais seulement une politique publique.
Parce qu'une formation peut changer une trajectoire.
Parce que l'éducation demeure l'un des plus puissants leviers de liberté.
Cette conviction constitue le leitmotiv de son engagement.
Elle poursuit sa formation avec constance jusqu'à l'obtention d'un doctorat en Relations internationales et diplomatie stratégique, faisant de l'éducation non seulement un objectif personnel, mais également un instrument de compréhension et d'action.
Ce parcours universitaire constitue progressivement le socle d'un engagement intellectuel qui la conduira à s'intéresser aux dynamiques de coopération entre les pays du Sud.
Pour Maryse Saint-Pierre Cyprien, la connaissance ne saurait rester confinée aux espaces académiques. Elle doit pouvoir circuler, être partagée et contribuer à répondre aux préoccupations concrètes des sociétés.
Cette conception trouve notamment son expression dans ses travaux consacrés à la coopération Sud-Sud, auxquels elle a consacré deux ouvrages.
À travers ses recherches, elle s'intéresse à la manière dont les pays peuvent valoriser leurs expériences respectives, renforcer leurs capacités et construire des formes de partenariat adaptées à leurs réalités.
Une approche qui rejoint une conviction qu'elle exprime régulièrement :
« Boostez la coopération Sud-Sud pour le bien-être de nos communautés. »
— Maryse Saint-Pierre CyprienDerrière cette formule se dessine une conception de la coopération qui dépasse la seule dimension institutionnelle. Elle concerne les États, mais également les universités, les chercheurs, les professionnels et, plus largement, les communautés appelées à bénéficier directement des politiques et des initiatives de développement.
Représenter Haïti, faire entendre sa voix
Son parcours la conduit progressivement vers la diplomatie.

Elle exerce successivement les fonctions d'administrateur de l'Ambassade d'Haïti à Paris, de déléguée aux Affaires francophones puis de Vice-présidente du Groupe des Ambassadeurs francophones auprès de l'UNESCO.
Aujourd'hui, elle est Ministre-Conseiller à la Délégation permanente d'Haïti auprès de l'UNESCO.
Dans cette fonction, elle contribue aux travaux internationaux consacrés à l'éducation, à la culture, au patrimoine et au développement humain.
Au-delà des négociations et des réunions, cette mission porte une responsabilité plus vaste : représenter un pays riche de son histoire, de sa culture et de son intelligence, tout en participant à la construction de réponses communes aux défis contemporains.
Diplomate accréditée à l'UNESCO, Dre Maryse Saint-Pierre Cyprien évolue au sein de cet espace multilatéral où le dialogue entre les États constitue à la fois une nécessité et un instrument de recherche de solutions communes.
Son parcours académique nourrit cette expérience diplomatique d'un regard analytique. La recherche lui a appris à observer les réalités dans leur complexité ; la diplomatie l'amène à les considérer également sous l'angle du dialogue, de la négociation et de la recherche de consensus.
Ces deux univers, loin de s'opposer, se complètent.
L'un produit et transmet des connaissances. L'autre les confronte aux réalités des relations internationales et aux exigences du multilatéralisme.
Entre les deux, Maryse a choisi de construire des passerelles.
Penser le monde pour mieux le construire
Maryse Saint-Pierre Cyprien est également docteure, autrice et enseignante-chercheure.
Ses recherches portent sur les relations internationales, la diplomatie stratégique et les coopérations entre les pays du Sud.
Ses deux ouvrages consacrés au nouveau paradigme de la coopération Sud-Sud témoignent de cet intérêt pour les équilibres géopolitiques et les mécanismes de coopération internationale.
Mais transmettre ne consiste pas uniquement à publier.
C'est aussi accompagner.
Partager une expérience.
Encourager une réflexion.
Former celles et ceux qui construiront la diplomatie de demain.
Cette dimension pédagogique traverse l'ensemble de son parcours avec une remarquable constance.
Une cohérence qui inspire
Certaines carrières impressionnent par leur diversité.
Celle de Maryse Saint-Pierre Cyprien frappe surtout par sa cohérence.
- L'éducation.
- La coopération.
- Le dialogue.
- Le développement humain.
À chaque étape, ces mêmes valeurs reviennent comme un fil invisible reliant l'ensemble de ses engagements.
Qu'il s'agisse de ses responsabilités diplomatiques, de ses travaux universitaires ou de son action auprès des jeunes, une même conviction demeure : les sociétés grandissent lorsqu'elles investissent dans la connaissance, la coopération et la dignité humaine.
Une inspiration qui dépasse les frontières
De son pays natal jusqu'à l'UNESCO, en passant par l'université et la recherche, Dre Maryse Saint-Pierre Cyprien a construit une trajectoire qui dépasse les frontières géographiques comme les catégories professionnelles.
Son histoire personnelle lui a enseigné la nécessité de la persévérance.
La recherche lui a donné les outils de la compréhension.
L'écriture lui a permis de partager ses analyses.
L'enseignement lui offre la possibilité de transmettre.
Et la diplomatie lui donne un espace pour contribuer, à son niveau, au dialogue entre les nations.
Son parcours rappelle ainsi que la diplomatie ne se résume pas aux salles de conférence et aux négociations officielles. Elle se nourrit également de la connaissance, de l'écoute, de la transmission et de la capacité à comprendre les réalités de l'autre.
Elle ne présente pas son histoire comme un modèle à reproduire, mais comme une expérience dont chacun peut tirer matière à réflexion.
Une trajectoire tournée vers l'avenir
Il est des destins qui impressionnent par leur éclat.
D'autres éclairent plus doucement, mais durablement.
Celui de Maryse Saint-Pierre Cyprien appartient à cette seconde lumière.
Une lumière faite de travail, de fidélité à ses convictions et d'un engagement qui ne s'est jamais laissé détourner par les circonstances.
Il serait toutefois réducteur de considérer son parcours uniquement sous l'angle de la résilience.
Le séisme appartient à son histoire, mais il ne constitue pas son identité.
Ce qui caractérise aujourd'hui Maryse tient autant à ce qu'elle a traversé qu'à ce qu'elle a choisi d'en faire : une expertise, une réflexion et un engagement au service du dialogue.
Son parcours réunit ainsi plusieurs dimensions qui, chez elle, semblent cohérentes : la diplomatie, la recherche, l'écriture et l'enseignement.
Toutes participent d'une même démarche : comprendre, transmettre et contribuer à rapprocher les acteurs autour d'intérêts communs.
Et si son parcours touche autant, c'est peut-être parce qu'il nous offre une vérité profondément humaine : une existence n'est pas définie par les épreuves qu'elle traverse, mais par le sens que l'on choisit de leur donner.
Maryse Saint-Pierre Cyprien a choisi celui du savoir, du dialogue et du service.
Un choix qui continue, aujourd'hui encore, d'inspirer bien au-delà des frontières d'Haïti.
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